Le recours aux psychotropes peut s’avérer nécessaire dans certains cas, mais à dose adéquate et pour une durée déterminée. Avec les benzodiazépines comme les somnifères ou calmants, les patients courent rapidement le risque d’accoutumance et de dépendance. Ces problèmes peuvent être évités en proposant dès le départ aux patients d’autres solutions beaucoup plus efficaces à long terme. Or, en cas d’utilisation prolongée, un travail intensif et compliqué doit être mis en place pour parvenir à réduire la consommation.
Le fait de recourir à un traitement antidépresseur doit notamment être envisagé avec précaution. Le degré de sévérité de la dépression détermine la nécessité ou non d’un traitement médicamenteux, en complément d’une approche non médicamenteuse comme le soutien psychologique, préconisé en premier lieu. Concernant les antipsychotiques, les indications thérapeutiques qui justifient leur usage sont limitées. Une grande prudence s’impose donc également.
Frank Vandenbroucke : « L’utilisation fréquente et en partie inappropriée des psychotropes dans notre pays est très problématique. Cela retarde et complique le bon rétablissement des patients. Qui plus est, dans le cas des benzodiazépines, cela entraîne des risques supplémentaires de dépendance, de confusion, de chutes, et bien d’autres. Il est donc urgent d’évoluer vers un usage plus adapté des médicaments psychotropes, par le biais d’une approche raisonnée, approfondie et concertée.
Avec cette campagne, je souhaite renforcer le rôle des professionnels de la santé en mettant l’accent sur leur responsabilité, car ils sont les prescripteurs et les accompagnateurs de nos concitoyens dans leur rétablissement, leur rôle dans l’amélioration de la situation actuelle est donc primordial, mais aussi en élargissant encore l’offre de formation. Mais cela ne suffira pas. À court terme, en collaboration avec les partenaires concernés, je développerai encore la politique en matière de psychotropes pour répondre à cette crise sanitaire. »