13 mai 2026 09:37

Le SPF Santé publique lance la campagne « Dites-moi… » : 1 Belge sur 3 éprouve des difficultés avec les informations de santé

Près d’1 Belge sur 3 ne dispose pas de compétences suffisantes pour comprendre les informations concernant sa santé et appliquer correctement les mesures nécessaires. Avec la campagne « Dites-moi… », le SPF Santé publique encourage les citoyens à poser trois questions simples à leurs prestataires de soins afin de mieux comprendre leur état de santé. Parallèlement, cette initiative soutient également les professionnels de santé dans l’amélioration de leur communication avec les patients. 

Comprendre les informations de santé n’a rien d’évident

La « health literacy », ou littératie en santé, désigne la capacité à trouver, comprendre, évaluer et utiliser des informations, non seulement médicales, mais plus largement liées à la santé, afin de prendre des décisions éclairées. Elle ne se limite pas à la lecture ou à l’écriture : elle inclut également l’aptitude à identifier des sources d’information fiables, à s’orienter dans le système de soins, à communiquer efficacement avec les professionnels de santé, mais aussi à entreprendre des démarches administratives (comme le recours à ses droits) pouvant avoir un impact sur sa santé. Dans un contexte de digitalisation croissante, elle englobe enfin les compétences nécessaires pour utiliser les outils numériques proposés par le système de soins. 

Selon l’Enquête de santé 2018 de Sciensano, 27,8 % des Belges âgés de 15 ans et plus présentent un niveau limité de littératie en santé et 5,6 % un niveau insuffisant. Cela signifie que 33,4 % de la population — soit environ 1 Belge sur 3 — éprouve des difficultés à comprendre, évaluer ou utiliser correctement les informations liées à la santé. 

Certains groupes sont davantage concernés par une littératie en santé faible : 

  • les personnes ayant un niveau d’instruction moins élevé sont particulièrement vulnérables : 56,8 % des personnes sans diplôme ou ayant uniquement un diplôme primaire, 44,6 % des personnes ayant un niveau secondaire inférieur, 34,8 % des diplômés du secondaire supérieur et 28,3 % des diplômés de l’enseignement supérieur présentent un faible niveau de littératie en santé ; 
  • les personnes âgées de 75 ans et plus sont les plus touchées : 45,5 % présentent un faible niveau de littératie en santé, contre 38,6 % chez les 15-24 ans. 

Une littératie en santé insuffisante est associée à une moins bonne adhésion au traitement, à des difficultés dans la gestion des maladies chroniques, à un recours plus fréquent aux services d’urgence et à des taux d’hospitalisation plus élevés. Elle contribue ainsi au renforcement des inégalités sociales de santé. 

Selon l’OMS et le Conseil de l’Europe, investir dans la littératie en santé constitue un levier essentiel pour des soins accessibles, de qualité et équitables. En Belgique, le KCE a également souligné la nécessité de sensibiliser davantage à cette thématique. 

Frank Vandenbroucke, ministre de la Santé publique : 

“Des soins de santé de qualité commencent par un véritable échange avec votre médecin, votre kinésithérapeute, votre infirmier… Lorsque vous vous repérez plus facilement dans notre système de soins et comprenez mieux les explications des professionnels, vous pouvez prendre une part plus active aux discussions et aux décisions qui vous concernent. Cela contribue à votre rétablissement. Il faut parfois un petit encouragement pour oser poser les questions et ouvrir le dialogue. À travers cette campagne, nous voulons encourager chacun à jouer un rôle plus actif dans sa santé. En aidant les personnes à mieux comprendre leur santé, nous leur donnons les moyens de l’améliorer.” 

Une campagne pour les citoyens et les professionnels de la santé

La campagne s’adresse à la fois aux citoyens et aux professionnels de la santé, partant du principe que de bons soins ne sont possibles que si les informations sur l’état de santé, la prise en charge et les conseils de prévention sont réellement comprises. La campagne s’appuie sur la méthode internationalement reconnue « Ask Me 3 », qui encourage les patients à poser des questions et aide les prestataires à vérifier que leurs explications ont bien été comprises. 

La campagne encourage le patient à poser trois questions : 

  1. Qu’est-ce que j’ai exactement ? 
  2. Que pouvons-nous faire ? ? 
  3. Pourquoi est-ce important pour moi ? 

 

Ces questions peuvent être posées pour tout type de demande de soins. Elles aident à mieux comprendre les informations liées à sa santé et à clarifier ce que chacun peut faire pour rester en bonne santé. 

Campagne nationale de grande ampleur

Les institutions de soins et les professionnels de santé qui en ont fait la demande reçoivent un kit de matériel prêt à l’emploi. 

Il s’agit au total de plusieurs centaines de milliers de pièces de matériel d’information, dont notamment 60 000 affiches et plus d’un demi-million de carnets de soins dans lesquels les citoyens peuvent prendre des notes. En outre, les éléments qui composent ce kit prêt à l’emploi sont disponibles en téléchargement via le site internet du SPF Santé Publique. Le message est également diffusé via les réseaux sociaux et les médias traditionnels. 

Initiative nationale

La campagne fait partie du Plan interfédéral pour la littératie numérique en santé. Elle a été élaborée en collaboration avec de nombreux partenaires : Departement Zorg, Aviq, Domus Medica, SSMG, la fondation Roi Baudouin, Cultures et santé, le Vlaams Patiëntenforum, LUSS, l’INAMI, Ministerium der deutschsprachigen gemeinschaft, PromoSanté … 

Site: www.troisquestions.be