Il y a environ trois ans, la directive européenne sur les lanceurs d’alerte a été transposée en droit belge. Il s’agissait d’une avancée importante pour les lanceurs d’alerte et, plus largement, pour la promotion de la bonne gouvernance dans les secteurs public et privé. L’application de cette législation a toutefois mis en lumière un certain nombre de défis et de lacunes. En décembre 2025, le Médiateur fédéral a transmis à ce sujet une évaluation aux ministres compétents, comprenant un aperçu des points d’attention ainsi que plusieurs propositions d’adaptation de la législation. Il a également transmis un rapport au président de la Chambre à ce sujet.
- C'est ainsi que le Médiateur fédéral propose de simplifier et de clarifier la législation
Dans le secteur privé, 16,5 % des signalements introduits auprès du Médiateur fédéral ont été déclarés recevables, contre 11,5 % dans le secteur public fédéral. Cela signifie que la majorité des signalements sont irrecevables et, dans plus de la moitié de ces dossiers, la raison en est que les faits signalés ne se sont pas produits dans un contexte professionnel. Cela témoigne d’un manque de connaissance de la législation relative aux lanceurs d’alerte, qui est particulièrement complexe.
Par la publication d’un guide des lanceurs d’alerte, l’organisation de webinaires, la mise à disposition d’informations claires et d’outils de signalement orientés utilisateurs sur son site internet, le Médiateur fédéral met déjà tout en œuvre pour informer au mieux les lanceurs d’alerte sur ce qu’ils peuvent signaler et sur la manière de le faire. Par ailleurs, une simplification de la législation ainsi qu’une clarification de certains de ses aspects s’imposent.
- Il demande notamment de clarifier la notion de « fraude sociale »
Dans le secteur privé, en 2025, plus de la moitié des signalements de lanceurs d’alerte concernaient des cas de fraude sociale (347 sur 613 signalements). La majorité de ces signalements ont été déclarés irrecevables. La législation ne définit pas clairement ce que recouvre cette notion, ce qui conduit les différentes autorités compétentes pour traiter ces signalements à interpréter et appliquer cette notion de manière parfois divergente. Afin de garantir la sécurité juridique et de renforcer la protection des personnes qui signalent des infractions en matière de fraude sociale, le Médiateur fédéral estime qu’il est essentiel de clarifier la notion de « fraude sociale » dans la législation relative aux lanceurs d’alerte.